L’huile essentielle de l’arbre à thé est une des trente-deux huiles les plus utiles que Danièle Festy a sélectionnée dans son livre « Le Guide de poche d’Aromathérapie ».

L’arbre à thé ou Melaleuca alternifolia

Malgré son nom, qui est une traduction du tea tree anglais, Melaleuca alternifolia n’est pas un théier, mais un Myrtaceae australien, grande famille d’arbre auxquels appartiennent les eucalyptus, les myrtes, les girofliers et les goyaviers. D’autres arbres de la même famille donnent d’ailleurs des huiles essentielles très prisées : le niaouli et le cajeput.

La très jolie floraison blanche de l'arbre à thé

Les branches et les fleurs de l’arbre à thé.
Photo CC BY NC ND de Eric Hunt

L’arbre à thé se trouve dans les zones les moins désertiques de l’Australie (côte nord, côte du Queensland et de la Galles du Sud), le long des cours d’eau ou dans les étendues marécageuses. Il a été exporté en dehors de son territoire d’origine, et il est cultivé dans plusieurs pays, dont la Malaisie.

Les feuilles, une fois froissées dans les mains, dégagent une odeur de camphre caractéristique. Les propriétés de l’huile étaient connues avant la vague de redécouverte des médecines traditionnelles, puisque les soldats australiens avaient été équipés avec de l’huile essentielle d’arbre à thé pendant la seconde guerre mondiale. En effet, l’arbre à thé fait partie de la pharmacopée aborigène traditionnelle. Ces derniers l’utilisaient en inhalation, en cataplasme et en infusion.

L’arbre a été nommé ainsi par les marins anglais du XVIII° siècle, qui faisaient avec ses feuilles une infusion au parfum de muscade.

Carte de l'Australie avec branche de Melaleuca Alternifolia

L’arbre à thé est un myrte originaire de l’est de l’Australie

L’huile est obtenue à partir des feuilles de l’arbre. Celles ci sont petites, entre 1 et 3,5 centimètres de long, pour 1 millimètre de large. Les fleurs blanches fleurissent en grappes, et les fruits font 2 à 3 millimètres.

Le chémotype : Terpinène-4-oliféra, gamma terpinène, alpha terpinène, 1,8-cinéole

Les propriétés de l’huile essentielle d’arbre à thé

Pour résumer, cette huile essentielle est un puissant antibactérien et antiviral. Elle est utilisée comme traitement antifongique, les boutons et les affections de la peau, on lui prête des vertus contre l’impétigo.

Des études ont démontré sa capacité en laboratoire à éradiquer le staphylocoque doré dans la même proportion que la mupirocine, un antibiotique.

Néanmoins, d’autres études semblent hésiter à confirmer une efficacité supérieure à l’huile essentielle d’arbre à thé, en dehors de quelques cas spécifiques :

  • acné légère à moyenne
  • le pied d’athlète
  • la mycose des ongles (onychomycose)

Pour la plupart des autres cas d’utilisation, les recherches ne sont pas suffisantes pour prouver une efficacité supérieure à d’autres traitements.

Les aborigènes l’utilisaient en cataplasme pour soigner les coupures et les abcès. Elle est permet de se débarrasser des aphtes

Comment utiliser l’huile d’arbre à thé

L’huile essentielle ne doit pas être absorbée par voie buccale. Elle est légèrement toxique.

Traitement cutané

L’huile essentielle d’arbre à thé ne doit pas non plus être utilisée pure sur la peau, mais mélangée avec une huile dite « de support ». On utilise notamment l’huile d’olive ou l’huile d’argan (dans sa version cosmétique). Selon les cas, l’huile essentielle sera plus ou moins diluée (mélangée avec la même quantité d’huile de support, ou avec un volume double).

Elle sera appliquée directement sur l’endroit à traiter.

Traitement des poux

L’huile sera mélangée avec le shampoing avant de l’utiliser. Il faut faire particulièrement attention avec les enfants, pour que le dosage soit suffisamment léger, et ne risque pas d’irriter la peau beaucoup plus fragile du cuir chevelu.

Traitement de l’acné

L’huile essentielle d’arbre à thé permet bien sûr de lutter contre l’acné, qui est une infection de la peau, dont les pores sont bouchés à cause de la production excessive de gras.

L’huile essentielle permet aussi d’aider les cicatrices à partir, car en aseptisant la peau, elle aide aussi à sa régénération. Dans ce cas, l’huile essentielle sera mélangée avec trois ou quatre fois son volume en eau (prenez plutôt de l’eau distillée, évitez l’eau minérale ou l’eau du robinet), et utilisée comme une lotion tonique, une à deux fois par jour.

Inhalation et traitement O.R.L.

L’huile essentielle en inhalation est conseillée en cas de rhume ou de coryza, ou de maux de gorge. Les inhalations se feront avec précaution, en protégeant les yeux, pour éviter les irritations.

Un traitement de fond peut aussi être fait avec une douche nasale, une fois par mois. Cela renforce l’appareil ORL, et permet d’éviter les infections.

En combinaison avec d’autres huiles

Les huiles essentielles de lavande, de girofle, de bois de rose complètent bien l’huile essentielle d’arbre à thé.

Effets indésirables et risques

Des cas d’empoisonnements ont été rapportés avec l’ingestion d’huile essentielle d’arbre à thé par de jeunes enfants (17 mois et quatre ans). En une demi-heure, l’enfant de quatre devint comateux. Rapidement traité, l’enfant se rétablit dans la journée.

Avaler de l’huile essentielle d’arbre à thé peut provoque des malaises, des nausées, voire dans certains cas graves des hallucinations. Ces effets importants semblent limités à des individus déjà sensibles, ou par des huiles mal conservées, oxydées par l’air.

Par précaution, les femmes enceintes ou qui allaitent éviteront l’huile essentielle d’arbre à thé, et on ne l’administrera pas à des jeunes enfants (moins de quatre ans).

Pour les jeunes garçons et adolescents, elle doit être utilisée avec parcimonie : elle pourrait stimuler le système hormonal de la même façon que des oestrogènes, faisant apparaître des seins chez des adolescents l’utilisant régulièrement, en conjonction avec l’huile de lavande.

Enfin, chez les personnes sensibles, le contact avec la peau peut provoquer des irritations et des dermatites. Dans ce cas, les autres utilisations restent possibles.

Notre sélection d’huiles essentielles

Notes et références externes