Le monde du tabac est en ébullition depuis le 21 octobre, suite à l’annonce par Imperial British Tobacco de son offre d’achat du fabricant de Camel, l’américain Reynolds. Ce nouveau groupe méritera alors pleinement son nom de “big tobacco”, en devenant le leader mondial du secteur.

Parallèlement à cela, les états, notamment en Europe, prennent des mesurettes étonnantes dans le cadre de leur politiques de santé publique et de lutte contre le tabagisme. Ou en tout cas dans leur communication à propos de la dite lutte.  Paquet neutre, interdictions diverses, pseudo hausse des prix, etc.

Les substituts “officiels”, que sont les patch, les spray à la nicotine, dûment patentés “dispositifs médicaux”, sont mis en avant, et les “tabac info services” ne se privent pas de les vanter (bien qu’ils ont fait la preuve de leur efficacité très relative…)

A coté de ça, 6 millions de personnes en Europe se sont totalement détachés du tabac. Et définitivement. Silence radio…. Comment ont-elles fait ? En passant… à la cigarette électronique, que j’aime appeler “la vaporette”.

Cigarette Electronique, la mal nommée.

Il faut avouer que sur ce point, les marketeurs ont fait une lourde erreur. Il n’y a strictement RIEN dans ce qu’on appelle une “cigarette électronique” qui soit de près ou de loin lié à une cigarette. Quelques rappels s’imposent donc.

Cigarette électronique

Exemple de cigarette électronique intégrée.

La “Egig”, ou “vaporisateur personnel”, est un dispositif finalement au concept très simple. Il s’agit de légèrement chauffer un “e-liquide”, sans combustion, pour diffuser une vapeur aromatisée qui est inhalée. Ces produits sont d’ailleurs tout à fait accessibles dans les innombrables magasins en ligne de cigarette électronique.
Les e-liquides sont composés de 4 ingrédients :

  • De la glycérine végétale
  • Parfois du propylène glycol
  • Des arômes alimentaires naturels ou de synthèse.
  • Un plus ou moins fort dosage en nicotine.

La glycérine est un produit naturel qu’on retrouve un peu partout, dans les médicaments, mais aussi en cosmétique ou encore dans l’alimentation sous le charmant pseudonyme de E422. On la trouve en supermarché comme huile de massage.

Le propylène Glycol, dans sa version pharmaceutique et alimentaire, est encore plus massivement utilisé, et on le retrouve un peu partout. Plusieurs centaines de médicaments, y compris aérosols, en sont composés, et c’est sous le code E1522 qu’on le retrouve dans la plupart des plats préparés et sauces. Dans sa version industrielle c’est lui qui alimente les machines à fumée dans les spectacles et discothèques. Son inhalation est donc considérée non dangereuse… Sauf quand on utilise une e-cig !

Inutile de présenter les arômes alimentaires qui sont utilisés massivement, qu’ils soient naturels ou synthétique.

Aucun de ces produits n’est classé comme dangereux, toxique ou même cancérogène, pas même la nicotine seule. Elle est même utilisée en médecine pour des recherches sur l’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

A l’inverse, la liste des produits mortellement toxiques dans une cigarette classique est incroyable. Et cela sans compter les presque 4000 additifs qu’on y trouve fréquemment. Il est même étonnant que ce produit mortel soit tout simplement autorisé à la vente : les cigarettiers sont en effet les seules entreprises officiellement autorisées à tuer leur clients !


Ce qui tue c’est le tabac, pas la cigarette électronique.

L’addiction, le leitmotiv de tous les interdits.

L’apparition de la vaporette , son développement rapide et massif, a redistribué les cartes du business du tabac. Et pour cause.
On parle de milliards de dollars pour les cigarettiers et d’autant pour les états (taxes diverses). L’enjeu est de taille. Curieusement (faut il s’en étonner ?) les états sont partis dans une espèce de croisade contre la cigarette électronique. La France en premier lieu, et ce malgré toutes les études scientifiques (les indépendantes, pas celles financées par les états ou les différents lobbies), malgré les appels de médecins réputés comme le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière et président de la commission de normalisation AFNOR sur la cigarette électronique.

Mais avouer que tout cela est une affaire de gros sous n’est pas possible. Il faut trouver d’autres arguments, et, fort heureusement, la morale vient à la rescousse. Et oui. Fumer, c’est mal. C’est très mal. Ouh que c’est mal. Bien.

Mais pire encore, “fumer” sans risquer la moindre conséquence, en évitant les atroces souffrances des cancers du poumon ou de la gorge, “fumer” en ne retenant que le plaisir et sans avoir à expier sa faute, c’est tout simplement inadmissible. Pensez vous donc ! Remplacer une addiction par une autre. Intolérable.

Je demande juste quelle est la dose de sucre et de caféine qu’ingurgitent toutes ces têtes pensantes (ou censées le faire)… Et ce qui se produirait si on les leur supprimait…

Arrêter le tabac. Et le plaisir dans tout ça ?

Toutes ces politiques de prévention, qui usent de la culpabilisation, de l’ostracisation du fumeur sont vouées à l’échec.  Pour une raison très simple. On fume AUSSI par plaisir. Cette dimension n’est jamais exploitée, et tous les dispositifs médicaux d’arrêt du tabac (patchs et autres) ne sont que des produits d’autoflagellation. Je dois résister. Je dois m’arrêter. Oui il faut souffrir. C’est mal de fumer. Je dois me priver. Heureusement mon patch va me supprimer l’envie de fumer. A moins d’être masochiste je ne comprends pas comment cette démarche peut avoir le moindre succès. D’ailleurs, elle n’en a pas…

Choix E Liquide

La force de la cigarette électronique dans le sevrage : la diversité des saveurs.

C’est la toute la force et l’efficacité de la vaporette. Non seulement on supprime 99% de la toxicité de l’acte, mais on en conserve le plaisir. Et ça c’est l’avantage majeur de cette approche. Oui il y a clairement addiction. Mais c’est justement le but de la cigarette électronique : diminuer puis éventuellement supprimer la nicotine au fil des semaines/mois. Conserver le plaisir du geste, du goût, et de la vapeur exhalée elle même. Substituer, notamment pour les jeunes fumeurs, un produits quasiment non toxique (en tous cas infiniment moins toxique) à un produit mortel. Car qu’on se le dise. Convaincre un fumeur d’arrêter de fumer, est tout sauf simple. Si au contraire de le culpabiliser, on joue la carte de la prévention positive tout en conservant le plaisir, il y a bien plus de chances de réussir. Et ça, c’est ce que devraient faire les politiques de prévention…
Serait-ce là qu’il faut reparler de gros sous ?