L’homéopathie, contrairement aux autres médecines “douces” , ne repose pas sur des principes scientifiques démontrés. Les rares études en sa faveur ont été conduites par des scientifiques qui avaient de clairs “conflits d’intérêts”, comme on dit pudiquement (en clair, ils travaillaient ou avaient travaillé pour les laboratoires fabricants des médicaments homéopathiques, ou leur étude avait été financée par un de ces laboratoires). Aujourd’hui, les études indépendantes attribuent à l’homéopathie exactement la même efficacité qu’un placebo.

En réalité, et paradoxalement, c’est cette même “absence d’efficacité” qui est une des causes de son succès, comme on le verra en étudiant le cas de l’oscillococcinum. On en arrive à une situation paradoxale où l’homéopathie a une utilité parce qu’elle n’a pas d’efficacité. Se pose alors, en des termes moins simpliste que “le prix de l’eau sucrée” la question de son coût pour le système de santé.

Les principes de base de l’homéopathie

Développée au tout début du XIX° siècle par Hahnemann, un médecin saxon qui finira sa carrière en France, l’homéopathie est basée sur trois principes totalement novateurs :

  • le principe des similarités, qui remplace le “principe des contraires” qui venait des Romains, et qu’on retrouve encore aujourd’hui dans la médecine chinoise traditionnelle,
  • le principe de la globalité, qui pose que chaque individu est un tout, et qu’on ne soigne pas ses symptômes indépendamment les uns des autres
  • le principe de la dilution infinitésimale et de l’activation, qui est le mode opératoire pratique de la fabrication des médicaments homéopathiques.

Les dilutions homéopathiques les plus élevées ne contiendraient pas de principe actif.

Monument à la mémoire de Hahnemann, Washington

Hahnemann en train d’étudier

C’est principe de la dilution qui est le plus contesté.

Le principe des similarités est un prisme d’analyse, et finalement assez peu important du moment que les médicaments validés par des tests fonctionnent. Le principe de globalité est plutôt accepté aujourd’hui.

Mais le principe de dilution se heurte au scepticisme des scientifique. Diluée de 1 à 30 fois dans 99 son volume d’eau, une solution à haute dilution (au delà de 20CH) ne contiendrait aucun trace physique détectable du produit. Et même en travaillant avec de l’eau distillée, on trouverait dans l’eau utilisée pour la fabrication des pastilles homéopathiques plus de composants chimiques de types “résidus et déchets” que de molécule du médicament homéopathique. Or ce sont justement les dilutions les plus élevées qui sont censées être les plus efficaces.

Les réponses des scientifiques “pro homéopathie” se basent désormais sur une autre théorie, elle aussi extrêmement contestée : celle de la mémoire de l’eau.

Théorie à laquelle les adversaires de l’homéopathie répondent par une question : dans ce cas, pourquoi l’eau se souviendrait-elle exclusivement des molécules du médicament, et pas des autres molécules qui l’ont traversée ?

Les études concluent à une efficacité similaire à celle d’un placebo

En dehors de rares travaux financés par les laboratoires homéopathiques eux-mêmes et suscitant la méfiance des scientifiques et des revues indépendantes à cause de ce conflit d’intérêt, la quasi-totalité des études concluent que l’efficacité d’un médicament homéopathique est la même que celle d’un placebo, c’est à dire d’un “médicament” sans principe actif.

Ce qui serait finalement logique : un produit où on ne trouve pas trace de molécule soigne de la même façon que “pas de produit”.

Homme présentant de nombreux médicaments homéopatiques

Une overdose homéopathique n’est pas possible

Et c’est l’argument final de beaucoup d’opposants à l’homéopathie : ce qui ne peux pas faire de mal ne peut pas soigner.

En disant cela, ils retournent un des arguments des partisans de l’homéopathie. Ceux-ci expliquent en effet que, grâce à la dilution centésimale, les aspects dangereux des médicaments sont tellement réduits qu’il n’y a pas de contre-indication ou  de risque de surdose.

Tandis que les allopathes affirment qu’on soigne grâce à une molécule, que celle-ci a des effets, et qu’il est donc toujours possible d’avoir un effet indésirable, plus ou moins dangereux.

Le paradoxe du placebo prescrit par les médecins

Cette efficacité de type placebo est justement ce qui fait le succès de l’homéopathie, même chez les médecins persuadés de son inneficacité “scientifique”. En effet, la considérant comme un placebo sans danger, ils préfèrent prescrire quelques granulés à un malade un peu trop hypocondriaque, en attente de soins, plutôt que de le renvoyer sans ordonnance. Il ira ailleurs, alors, ou, pire, décidera d’une auto-médication !

S’est ainsi développée une série de médicaments homéopathiques grand public, dont le fameux oscillococcinum, sans efficacité contre la grippe, mais consommé avec ferveur par des millions de français, chaque année. Ceux ci sont persuadés que leur fièvre et leur goutte au nez guérit plus vite avec la prise de ce médicament !

Les médicaments homéopathiques phares en contradiction avec les bases de l’homéopathie

On aboutit donc à un deuxième paradoxe : les médicaments les plus consommés sont administrés de façon industrielle, ou auto-administrés. On est donc très loin du principe de globalité, puisque les symptômes grippaux seront traités de la même façon, qu’on ait un “terrain” Nux Vomica, Pulsatilla ou Sulfur

Les vraies questions sur l’homéopathie

Alors l’homéopathie est-elle une fausse science, un charlatanisme permettant aux laboratoires de faire des fortunes en vendant des granules composées d’eau et de sucre ? Ou, au contraire, l’intuition géniale d’un médecin ayant découvert, par l’expérimentation, ce que la science actuelle, avec ses appareils de mesure capables de décomposer la matière, n’a toujours pas pu prouver ?

Ces questions sont moins importantes que celle-ci : est-ce que prendre des médicaments homéopathiques fait du bien à la personne, sans la détourner d’autres thérapies lorsque c’est nécessaire ?

Ensemble de médicaments avec des fruits

Médicaments homéopathiques et allopathiques peuvent coexister

Si la réponse est oui, tout est parfait. On pourra épiloguer sur les coûts élevés de ces placebos, et leur prise en charge par les remboursements, mais c’est relativement peu importants comparé au coût des véritables médicaments  qu’il aurait fallu prescrire pour arriver au même résultat.