Et pourquoi pas les deux ? Les médecines dites « douces » sont en réalité les vraies médecines traditionnelles, celles que l’on pratiquait avant l’invention des antibiotiques, et que l’on continue à pratiquer à grande échelle dans d’autres pays.

Par exemple en Chine, où la conception du rôle du médecin est totalement différente de la nôtre. Il n’est pas celui qui soigne, mais celui qui empêche de tomber malade. Un peu comme le garagiste dont la visite d’entretien a pour but d’empêcher des pannes graves et des accidents.

Qu’est ce que la médecine douce ?

La médecine douce est celle qui ne traumatise pas le corps, ne le fatigue pas excessivement, et ne créé pas d’autres déséquilibres pour soigner. Un médicament a un principe actif, et il a donc toujours des effets. Tant que les effets principaux, ceux qui soignent, sont supérieurs aux effets secondaires, négatifs, le médicament peut être prescrit. C’est la même chose pour les ingrédients utilisés par les médecines douces, à ceci près (et c’est important) que les effets secondaires sont nettement plus faibles que pour les médicaments traditionnels.

Les tisanes, les huiles essentielles, les extraits de plante ne détruisent pas la flore intestinale. A l’inverse des antibiotiques, ils ne rendent pas notre système immunitaire globalement plus faible, et surtout, ils ne génèrent pas des virus mutants qui leurs résistent (on vient de signaler en Inde le premier cas de tuberculose totalement résistant à tout traitement… la pire chose qui pouvait arriver). Utilisés avec les bons dosages, ils ne risquent pas de déclencher les vertiges, tremblements, somnolences lourdes que peuvent susciter d’autres médicaments.

Les médecines douces englobent d’autres techniques, comme l’acupuncture, l’hypnose, les massages de différentes écoles, l’osthéopathie.

Entre acceptation comme des techniques médicales à part entière, aussi valables et efficaces que les autres, et refus total, elles sont diversement considérées et réglementées, selon les pays, mais aussi selon les types de techniques. Bien qu’elle ait encore des détracteurs qui la considèrent comme un pur placebo, l’homéopathie est aujourd’hui adoptée presque partout dans le monde. Mais pas remboursée par la Sécurité Sociale. C’est un peu la même chose pour l’acupuncture, très appréciée, notamment par ceux qui cherchent à arrêter de fumer. D’autres techniques, comme l’hypnose ou la réflexologie sont plus controversées. Enfin des pratiques comme celles des toucheurs, rebouteux ou magnétiseurs sont sujettes à caution, et tombent dans beaucoup de pays sous le coup de la pratique illégale de la médecine.

Les médecines douces peuvent-elles tout soigner, tout le temps ?

Non, bien évidemment. Une opération chirurgicale est par définition une médecine agressive, et il existe de nombreuses maladies qui ne peuvent être soignées que par des antibiotiques, ou par ce qu’on appelle traditionnellement un « traitement de cheval ». Il ne faut pas oublier qu’aux temps de nos grands-mères, on utilisait certes les herbes et les huiles, mais aussi les saignées, les ventouses…

En revanche, il n’y a pas de situation où la médecine douce ne peut pas être une aide et un apport utile. Même dans les grands hôpitaux on utilise des verrues et des vers pour lutter contre des infections résistantes, et nettoyer des chairs rongées par les staphylocoques dorés. Une médecine qui équilibre, qui énergise, qui remet en forme est un appoint essentiel en cas de maladie grave et de traitements lourds. Elle conforte les défenses naturelles, et permet d’éviter de nombreuses petites maladies secondaires, qui usent encore plus et retardent la guérison.

On ne peut pas soigner un cancer par l’homéopathie. Mais on peut contrebalancer en partie les effets des chimiothérapies grâce à des traitements de fonds, des massages, des bains même… l’alliance entre médecine douce et médecine classique est la vraie solution.