La photothérapie, ou, en psychiatrie, luminothérapie, consiste à soigner par l’exposition de la peau aux rayons lumineux. La grande majorité des thérapies utilisent les rayons UV. En effet, c’est l’exposition au spectre UV qui provoque certaines réactions chimiques dans la peau, permettant de soigner, par exemple, le psoriasis ou l’eczéma.

Cette utilisation a d’abord été empirique. Une fois passée la mode des peaux blanches, le bain de soleil devient à la fois un loisir et un soin, la peau bronzée un indice de bonne santé. Or ce n’est pas aussi simple que cela : les effets d’une exposition excessive aux rayons UV sont bien connus, la multiplication des cancers de la peau de notre monde moderne trouvent leur source dans ce même culte du bronzage, et la pratique des cabines à UV. Paradoxalement, ces mêmes rayons UV sont utilisés dans le traitement de certains cancers de la peau.

Le masque LED opera et son utilisation

Le masque LED des stars, à droite Jessica Alba en Stormtrooper

La photothérapie sans les UV, ou photothérapie dynamique

Une autre méthode d’utilisation de la lumière a été découverte un peu par hasard, au début du vingtième siècle. A la différence de la découverte de la pénicilline, ce n’est pas une erreur de manipulation qui a permet de découvrir l’importance de la combinaison « lumière + couleur », mais des anomalies dans les résultats d’une étude.

Nous sommes en 1900, à Munich, et Oscar Raab, un étudiant, fait des cultures de paramécies pour déterminer la toxicité de l’acridine, un agent cancérigène connu, qui, dissout, a une couleur bleu fluo. Il constate d’énormes écarts en fonction de l’heure de ses observations et, après plusieurs tests, finit par comprendre que c’est la quantité de lumière qui entraîne ces différences : plus il y a de lumière, plus l’action de l’acridine est importante, c’est donc que la couleur a un rôle, comme un filtre en photo qui permet d’impressionner la pellicule.

Le principe de base de la photothérapie dynamique a été trouvé, et va ensuite être oublié puis redécouvert plusieurs fois au cours du siècle.

Les différentes modalités de la photothérapie

La lumière et ses différentes longueurs d’onde ne s’utilisent pas toujours seule, mais souvent en combinaison avec des crèmes ou des gels.

Lumière et substance photosensibilisante

Quand elle est utilisée avec une substance, celle-ci est appliquée quelques heures avant le traitement, pour bien pénétrer la peau. C’est ensuite l’utilisation d’une lumière rouge ou bleue qui va activer la substance et lui permettre d’agir sur les cellules. Cette méthode est utilisée pour le traitement des cancers. Il est nécessaire de protéger la peau saine pendant l’exposition, ainsi que les yeux.

De plus, globalement, la peau doit être protégée du soleil pendant toute la durée du traitement, et même pendant une période de sécurité ultérieure, comme c’est le cas pour tous les traitements impliquant des substances photosensibilisantes.

LED seules

Quand elle est utilisée seule, comme c’est le cas pour les LED, très à la mode pour les soins esthétiques, c’est dans le cadre de protocoles extrêmement précis, avec des durées d’utilisation maximum, des distances par rapport à la peau et des variations d’intensité qui doivent absolument être respectées, sous peine de perdre toute efficacité.

Le gros avantage des lampes LED, c’est qu’elles n’émettent pas de rayons UV : par rapport aux autres méthodes de photothérapie, les effets négatifs des UV sont totalement absents (voir ici la comparaison des différents spectres lumineux selon le type de lampe).

Sous réserve de respect de ces protocoles, la photothérapie et en particulier la « LED thérapie » a prouvé son efficacité dans de nombreux domaines ; en particulier, dans la lutte contre le vieillissement de la peau, contre la perte des cheveux, contre l’acné et même dans la réduction des vergetures.

La multiplicité des champs d’application peut faire croire que la photothérapie est la nouvelle panacée. Si on y ajoute le coût très élevé des séances, l’aspect un peu étrange des masques, on peut comprendre que certains n’y voient qu’une nouvelle mode importée de Hollywood, mais derrière cet effet de mode, il y a une réalité scientifique. De plus, la photothérapie est nettement moins intrusive que d’autres techniques comme le botox.

Des couleurs et des soins : les principales utilisations des LED

Rouge et infrarouge

Le rouge, l’orange, associés à l’infrarouge, sont les couleurs les plus puissantes. Elles stimulent les cellules, et permettent par exemple, associées à un peeling léger, de bien soigner les vergetures, que cela soit sur les peaux noires ou les peaux blanches.

Cette lumière stimule en effet la production de collagène, et permet donc comblement des ridules de l’intérieur.

Bleu pour l’acné

L’utilisation de la lumière bleue pour traiter l’acné se fait avec le Levulan, une crème aussi utilisée dans le traitement des taches de la peau et des rides. Le Levulan n’a pas encore reçu son AMM sur le marché français, mais il a été approuvé par la FDA et il est donc commercialisé aux États-Unis et en France.

Lutte contre la chute des cheveux

Il ne suffira pas de vous mettre un casque lumineux sur la tête pour retrouver une chevelure fournie. En effet, si des études prouvent l’efficacité de la phytothérapie, c’est uniquement dans une pathologie très particulière, l’alopecia aerata, qui est une maladie de peau auto-immune. Autrement dit, la chute de cheveux due à l’âge ou au stress ne sera absolument pas contrecarrée. De plus, le mécanisme de cette maladie fait tomber les cheveux, mais il ne détruit pas le bulbe. Quand le bulbe est détruit, il n’y a plus d’autre possibilité que la greffe de cheveux !

En conclusion, faut-il poser son visage sous un masque LED ?

Le masque LED est l’adaptation au domaine de la cosmétique et des soins de beauté de techniques médicales, dont l’efficacité a été prouvée dans le cadre d’une utilisation très strictement contrôlée.

En particulier dans le cadre de la lutte contre le vieillissement de la peau, la lumière LED fonctionne comme une sorte de recharge des mitochondries. Si l’exposition est trop forte ou surtout trop longue, la mitochondrie va faire une sorte de court-circuit, et l’effet bénéfique est annulé.

Pour d’autres problématiques comme l’acné, la lumière LED ne suffit pas, elle doit être accompagnée par une substance photosensibilisante pour être efficace. On sort donc du champ des soins esthétiques pour entrer dans le cadre médical.

A ces deux réserves près, oui, la photothérapie est efficace. Reste à savoir si son coût très élevé vaut la peine, sachant que ses effets restent discrets.