Il y a sur ce site certains commentaires qui nous font mal, quand on voit à quel point des personnes ont souffert longtemps, sans aide de leur médecin qui leur dit qu’il n’y a rien à faire, alors que c’est faux et que des solutions existent.

Mais cela fait encore plus mal quand on reçoit une histoire du même type, par mail, parce que la personne a trop honte pour faire un commentaire sur un article, même anonyme. Et franchement, en plus, dans un domaine où les solutions sont nombreuses, et devraient être bien connues des médecins.

Et c’est, en substance, ce que nous a dit cette jeune maman :

J’ai lu votre article sur les femmes qui ont envie d’uriner pendant l’amour, mais malheureusement je n’en suis plus là. J’ai eu deux grossesses rapprochées, et malgré une rééducation du périnée, j’ai toujours de l’incontinence. Je suis vraiment mal à l’aide, et surtout je ne peux pas imaginer de porter des couches pour adulte toute ma vie ! Aidez-moi…

Et il existe de nombreuses solutions, au delà de la gymnastique pelvienne. Pour les comprendre, il faut d’abord bien comprendre les mécanismes de l’incontinence adulte.

L’incontinence peut être « musculaire » ou « nerveuse »

Femme portant une couche adulteL’incontinence musculaire, ou mécanique, c’est celle qui résulte d’un défaut dans le fonctionnement des sphincters, les muscles qui contrôlent le diamètre du canal urinaire. On l’appelle incontinence d’effort, parce qu’elle survient souvent au moment où on fait un effort, par exemple quand on se baisse pour prendre une charge et qu’on se relève.

Elle peut avoir de nombreuses causes ; en particulier, l’affaissement du plancher pelvien en est une. Et, effectivement, il peut se produire après une grossesse.

L’incontinence nerveuse, qu’on appelle incontinence par impériosité, elle, provient d’un mauvais fonctionnement des stimulations nerveuses de la vessie. Le nerf sympathique envoie à tort des stimulations à la vessie, et déclenche des contractions plus fortes que celles du sphincter.

Et les deux causes d’incontinences peuvent exister ensemble. On parle alors d’incontinence mixte.

A chaque type d’incontinence son traitement de base

On peut essayer la phytothérapie : s’il existe beaucoup de plantes qui permettent le traitement des cystites, le choix est moins large pour l’incontinence urinaire. On fait appel, sous forme de teinture mère ou d’huiles essentielles, au cyprès, pour ses qualités astringentes vasoconstrictrices,  la myrtille et la renouée biscorte sont aussi des plantes astringentes qui peuvent apporter une amélioration.

Pour l‘incontinence d’effort, l’essentiel va être de remuscler le plancher pelvien et surtout d’apprendre à contracter les bons muscles. En effet, de nombreuses femmes identifient mal les muscles du périnée, et vont spontanément contracter le fessier, ou même les muscles abdominaux, ce qui va avoir l’effet inverse de celui souhaité, en appuyant sur la vessie.

La rééducation du périnée est généralement efficace : le taux de succès de de 80%, au bout d’une vingtaine de séances étalées sur trois semaines. (Elle peut aussi avoir un effet très positif sur la vie intime, qui va bien au-delà de la disparition des fuites urinaires). Les 20% restant sont le plus souvent des cas d’incontinence mixte, ou des cas qui peuvent être aidés par la chirurgie.

Pour l‘incontinence d’impériosité (ou « nerveuse »), la première voie explorée va être l’utilisation de médicaments. Ces médicaments sont appelés parce qu’ils « anti-muscariniques » inhibent les récepteurs muscariniques, situés sur la paroi de la vessie. Ce sont ces récepteurs qui reçoivent une molécule qui fait se contracter la vessie. Ces médicaments empêchent donc la vessie de trop se contracter, et diminuent, ou suppriment totalement les fuites inconscientes, qui sont typiques de cette incontinence.

Ils ont des effets secondaires assez désagréables, avec notamment une grande sécheresse de la bouche. On peut donc être amené à utiliser d’autres types de médicaments, qui sont a priori moins efficaces, mais mieux tolérés. En font partie des myorelaxants, des psychotropes et certains anti-depresseurs.

Dans ce cas, étant donné la moindre efficacité, il peut être nécessaire de continuer à porter des couches adultes pendant la nuit.

Chinoises dans une exposition sur les produits médicaux

Des chinoises examinent des couches Tena pour adulte – exemple gamme Tena

Les solutions chirurgicales

Elles sont envisagées en second recours. Elles sont essentiellement destinées à traiter l’incontinence d’effort.

La pose de bandelettes pour renforcer le plancher pelvien

Il s’agit d’une technique de renforcement un peu similaire à celle qu’on utilise quand on pose des bandes de tissus sous un plâtre sur un mur pour renforcer des fissures. Eh oui, la chirurgie c’est souvent du « bricolage »… de précision bien sûr. L’avantage c’est que les bandelettes ne nécessitent pas une opération lourde, et que l’opération est un succès dans 80% des cas.

Injections et ballonnets

Soit par le biais d’injection, ou la pose de ballonnets, on rétrécit le canal de l’urètre, soit en le « repoussant » de l’extérieur (ballonnets) soit en faisant gonfler les tissus du sphincter (injection).

Comme pour les bandelettes, ces opérations sont peu invasives. Malheureusement, elles ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale.

Sphincter artificiel

Cette opération est nettement plus lourde. Aussi on ne l’envisage qu’en cas d’échec des opérations précédentes. Elle nécessite une hospitalisation de quatre à cinq jours, et doit être renouvelée tous les dix ans.

Une fois le sphincter artificiel posé, il n’y a plus aucun problème de fuite urinaire : il est actionné manuellement, via une pompe. Il reste discret.

La neuromodulation pour l’incontinence d’impériosité

L’opération consiste à implanter une électrode qui enverra des stimulations électriques, qui permettent de réguler la vessie. C’est une opération qui est faite sous anesthésie générale. Elle réussit très bien, mais pour un petit nombre de patients.

En conclusion, il est vrai qu’on peut avoir peur d’une intervention chirurgicale. On se dit que si cela se passe mal, cela risque d’empirer les choses, mais en réalité, c’est une solution qui marche très bien pour une grande majorité de gens. L’incontinence urinaire se soigne, et on n’est pas condamné à rester incontinent toute sa vie.