Le plein de croissance

On a l’habitude de dire que le développement du tourisme médical est l’un des exemples marquants de la mondialisation. Patients anglais allant en Thaïlande, happy few américains se rendant au Brésil ou en Bolivie, seniors français profitant de leur retraite pour s’offrir une thalasso en Tunisie.
Le dogme du médecin de famille ou encore de l’hôpital de proximité a volé en éclats. Et ce tournant dans notre rapport à la santé ne concerne pas que ces médecines qu’on appelle de confort avec un brin de mépris. Chirurgie cardiaque, chirurgie des yeux, fécondation in vitro : ces disciplines pointues et spécifiques font aussi l’objet de déplacements en avion d’un continent à l’autre.
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En 2008, on estimait déjà à 3 millions le nombre de ces touristes un peu particuliers qui délaissent la plage et les sites historiques pour aller consulter des blouses blanches en pays exotiques. Le tourisme hospitalier est devenu un secteur à part entière qui génère environ 60 milliards de dollars.*

Tourisme conscient

Pourquoi un tel succès ? Comme nous venons de le suggérer, les attraits classiques de la mer, des piscines et des excursions en groupe sont passés au deuxième plan. Les voyageurs médicaux sont motivés par 2 raisons fondamentales. La première est le prix des interventions, la seconde est la disponibilité des intervenants et des structures d’accueil.

Le cas de la Tunisie est à cet égard très parlant. Dans ce pays, les prix constituent un avantage compétitif assez saisissant. Notez par exemple qu’une intervention à cœur ouvert coûte à peu près 4000 euros. Une augmentation mammaire avec des implants ne coûte que 2000 €. Ces tarifs sont moyens mais incluent de toute façon l’hébergement et le séjour en clinique : le résultat, c’est une économie de 40 à 50 % par rapport aux prix constatés en Europe occidentale. Quand vous ajoutez à cela une offre variée d’interventions, vous comprenez l’attrait exercé par cette destination.

Et ce n’est pas tout. En plus d’être moins chère la Tunisie dispose d’un autre avantage non négligeable. C’est celui de la disponibilité des centres de soins. Les médias français se font l’écho depuis quelques mois de la pénurie d’ophtalmologistes en France. Dans certaines villes de l’hexagone, il faut attendre presque une année pour obtenir un rendez-vous.

En Tunisie, on peut contacter un professionnel et le voir en consultation la semaine qui suit. Ce n’est pas un problème de compétences ou de qualité. Les spécialistes tunisiens sont nombreux et moins sollicités par leurs compatriotes, du coup, ils ont du temps pour les étrangers.

Au final, on comprend avec l’exemple de ce pays maghrébin qui dispose d’une expérience solide en matière tourisme médical que les touristes de santé sont des touristes avertis. Ils calculent les économies réalisées et sont opportunistes. A telle enseigne que lors du début de la révolution tunisienne en décembre 2010, les professionnels du secteur n’ont noté aucune annulation. Et malgré les conflits actuels, l’attrait de la Tunisie pour ces séjours ne se dément pas.

*Source Cabinet Deloitte in Medical Tourism, consumers in search of value.