Déjà même avant sa parution, il a fait gronder la colère de nombreux infirmiers dans les services : cet outil d’évaluation des Etudiants en Soins Infirmiers (ESI) ne leur porterait-il pas préjudice finalement?

La discrimination des stagiaires aggravée par ce document

Depuis que le portfolio est entré en vigueur, les ESI ne passent plus de MSP et cela est perçu d’un mauvais oeil : désormais les équipes infirmières jugent un étudiant sur le travail fourni tout au long de son stage. Et si l’on a tendance à croire de prime abord que cela est un mode d’évaluation plus juste, c’est tout l’inverse qui se passe. Beaucoup d’ESI se plaignentn d’être « notés à la tête du client » plus que sur leurs techniques de soins…

Quand le portfolio porte préjudice aux ESI

Personne ne vient modérer les évaluations écrites par le référent du stagiaire : celui-ci peut donc valider ou pas ce qu’il souhaite. Auparavant, lors des MSP les stagiaires devaient faire leurs preuves lors d’un examen pratique contrôlé par un formateur de l’IFSI et un cadre ou une infirmière. Deux institutions se confrontaient alors, évitant ainsi les abus de quelques formes que ce soient. Même si cela n’a pas évité à certains ESI d’être démesurément récompensés ou sanctionnés, les dérives étaient moins nombreuses.

Une évaluation qui laisse place aux jugements de valeur?

En théorie non… Mais en réalité, lorsqu’un étudiant s’intègre mal à l’équipe, même s’il travaille bien, il est souvent pénalisé : les référents sous-évaluent. Après tout qu’est-ce qui les y empêche ? Il n’y a pas de tierce personne pour contredire les accusations exagérées : si les formateurs sont censés jouer ce rôle en cas de problème, ils ne se déplacent que ponctuellement et l’étudiant souffre tout au long de son séjour de l’amertume des infirmières… Comment acquérir la maîtrise des soins dans de telles circonstances?

Décidément rien ne semble fait ces dernières années pour supporter ceux qui s’orientent vers une profession qui demande sens des responsabilités, courage et savoirs.