La douleur au coccyx se fait sentir quand on s'asseoie

La douleur au coccyx, une affection qui peut devenir douloureuse

La coccygodynie, ou plus simplement, en langage courant, la douleur du coccyx, est une pathologie qui démarre souvent assez doucement, et semble anodine.

En réalité, cette inflammation des derniers os de la colonne vertébrale, si elle n’est pas traitée, peut devenir très invalidante, interdisant la position assise, rendant même douloureuse la station debout, dans les cas extrêmes.

Or on a tendance à la négliger au début, c’est une petite douleur au bas du dos « qui vas disparaître ». Beaucoup de médecins ignorent son existence. Plus on attend pour la soigner, plus l’inflammation va augmenter.

Contrairement à une foulure, une coccygodynie disparait rarement d’elle-même, sauf si elle a été provoquée par une chute.

Comprendre la douleur au coccyx

La colonne vertébrale se termine avec le coccyx

La colonne vertébrale se termine avec le coccyx

Le coccyx, c’est le nom donné aux dernières vertèbres de la colonne vertébrale. En anglais, on l’appelle tailbone, « les os de la queue », et cela décrit bien l’ancienne fonction de ces quatre à six vertèbres, atrophiées et soudées entre elles, transformées ainsi en un os unique.

Parce qu’elles sont soudées, ces vertèbres n’ont pas la même mobilité que le reste de la colonne vertébrale. Et des défauts de position, ou de mobilité dans certaines positions, notamment assises, donnent lieu à une douleur sourde et irradiante, semblable à celle qu’on ressent quand on appuie sur une foulure : c’est la coccygodynie.

Les causes sont variées. Majoritairement, ce problème provient :

  1. d’une chute sur le coccyx
  2. d’une mauvaise façon de s’asseoir, en particulier pour les personnes obèses, qui ne s’assoient pas en faisant rouler leur bassin, mais se posent à la verticale
  3. plus généralement, d’une position assise trop prolongée, ou d’heures de conduite trop longues
  4. d’une mauvaise position avec un bassin trop ou pas assez cambré
  5. de l’impact de la grossesse

Il touche donc en majorité des femmes, d’un âge moyen. Quelle que soit la cause de base, le résultat est une mauvaise articulation des joints sacro-illiaques, qui conduit à une mauvaise position du coccyx, et une pression trop forte pendant la position assise, qui conduit à une inflammation.

L’évolution de la coccygodynie

L’évolution est lente, pour que la douleur s’installe, comme pour qu’elle parte.

Encore une fois, le cas des douleurs au coccyx liées à une chute sont particulières. Elles surviennent en général dans une durée de deux à trois semaines après la chute (selon le professeur J.Y. Maigne, un des spécialistes français de la coccygodynie), et peuvent disparaître dans le même laps de temps.

Une douleur liée à une autre cause disparaîtra entre quelques semaines et quelques mois, une année au plus pour disparaître complètement.

En revanche, non-traitée, la coccygodynie va d’abord rendre la position assise de plus en plus douloureuse. L’inflammation sera telle que la position verticale peut devenir aussi douloureuse, ou en tout cas peu tenable sur la durée, mais de toute façon il est impossible de s’asseoir. Le coccyx est tellement enflammé qu’il est douloureux dans la position couchée sur le dos (alors qu’il n’y a normalement pas de pression), et dans les cas extrêmes, il ne reste que la position couché sur le ventre.

Les méthodes de traitement

La radiographie dynamique

Elle consiste à prendre deux radios du patient assis, sur un tabouret, avec les pieds posés sur un support. La première radio est prise en position « normale », la seconde est prise quand le patient s’est mis dans la position où le coccyx est douloureux.

La superposition des deux images permet de voir l’angle de mobilité du coccyx, elle est indispensable pour un diagnostic de la coccygodinie.

Le traitement manuel

Le traitement manuel n’est pas très agréable, puisqu’il constitue en un toucher qui va alléger les pressions sur le coccyx, le remettre dans une meilleure position si il a été dévié, et tenter de relâcher les muscles tenseurs. Néanmoins, c’est un des traitements les plus efficaces, dans le cas d’une coccygodynie non traumatique.

Le traitement manuel peut aussi être fait via des massages profonds, ou des manipulations. L’ostéopathe peut aussi intervenir avec succès.

Les infiltrations

Les infiltrations de corticoïdes sont aussi une méthode de traitement qui a beaucoup de chances de réussite. Elles augmentent la douleur dans les premiers jours, ensuite un mieux se fait sentir assez rapidement, au bout de deux à trois semaines.

Elles peuvent être renouvelées au bout de trois mois, mais ne doivent pas être trop fréquentes. En effet, le professeur Maigne considère qu’au bout de deux à trois infiltrations, le potentiel maximum de ce traitement a été atteint.

La chirurgie

La chirurgie consiste à retirer l’os du coccyx, tout simplement. Le coccyx est considéré comme étant un résidu de notre évolution, et n’ayant pas d’utilité pratique, comme par exemple l’appendice ou les amygdales.

Néanmoins, il s’agit d’un acte chirurgical, intervenant dans une zone sensible, fortement innervée, et reliée à la colonne vertébrale. Comme tout acte chirurgical, il comporte des risques inhérents (problème d’anesthésie, infection nosocomiale) et ne doit être envisagé qu’en dernier recours.

Les aides et les coussins

Tout traitement de la douleur au coccyx doit s’accompagner d’un travail sur la posture, et particulièrement la posture assise. Ce travail peut d’ailleurs, dans les cas d’atteinte légère, suffire à soulager le patient.

Un coussin orthopédique, dont le haut de l’assise laisse une place évidée, enlevant la pression sur le coccyx, est à recommander dans tous les cas. Comme on n’est pas assis de la même façon en voiture et à son bureau, l’idéal est d’en essayer plusieurs, de formes variées.

Nous vous en montrons quelques uns ici, et nous ferons prochainement une revue plus détaillée de ces coussins.